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Jeu et solidarité

Faire le bilan d’un atelier LEGO pour préparer la prochaine séance

La table était-elle accessible ? Le groupe a-t-il pu choisir ? Quelles pièces ont manqué ? Un bilan bref peut améliorer la prochaine séance sans mesurer la santé des participants.

Par La Brique du Cœur · 2 octobre 2026 · 5 min de lecture

Un village en briques, trois bols vides et des groupes de jetons colorés sont disposés près d’un carnet ouvert et d’un crayon.
Illustration originale : la scène ne représente pas une intervention réalisée.

Illustration d’ouverture. Illustration originale d’un moment de bilan imaginé. Les bols et jetons ne représentent aucun vote, décompte ou résultat réel ; le carnet reste à remplir avec les observations de la séance.

À la fin d’un atelier, les constructions attirent le regard. Le pont tient, le jardin est terminé, plusieurs personnes veulent rester. Ces signes racontent quelque chose de la séance, mais ils ne répondent pas à toutes les questions. Qui n’a pas trouvé de place ? La consigne était-elle claire ? Le rangement permettra-t-il de recommencer ?

Un bilan d’atelier LEGO peut tenir sur une page. Il rassemble des faits, des retours librement donnés et une ou deux décisions pour la suite. La méthode proposée ici concerne une activité de loisirs ; elle ne transforme pas une animation en programme thérapeutique ni en étude de son efficacité.

Choisir une question avant la séance

Décidez ce que vous voulez comprendre. Pour une première rencontre, cela peut être : « Le matériel est-il accessible depuis toutes les places ? » Pour un groupe régulier : « Les modules donnent-ils à chacun des décisions à prendre ? » Une question précise évite de noter beaucoup de choses qui ne changeront rien à l’organisation.

Reliez cette question au format proposé. Dans un atelier coopératif, vous pouvez regarder comment les constructions se raccordent et quelles aides ont été demandées. Pour une séance libre, le fait que tout le monde réalise le même modèle n’est pas un objectif pertinent.

Prévoyez un moment bref pour noter les observations après la séance. L’animateur ne doit pas passer tout le temps de jeu le regard sur une grille. Si une autre personne observe, présentez simplement son rôle au groupe et gardez les notes proportionnées à la question choisie.

Séparer faits, retours et interprétations

Trois colonnes qui ne racontent pas la même chose
Type de note Exemple fictif Ce que l’on peut en faire
Fait observé Le bac central a été déplacé trois fois pour être atteint. Essayer des contenants plus proches des places.
Retour d’une personne Une personne dit préférer choisir ses pièces avant de commencer. Proposer cette possibilité la prochaine fois.
Interprétation à vérifier Le bruit du tri a peut-être gêné une partie du groupe. Demander un retour et essayer un autre rangement.

Évitez les étiquettes qui décrivent la personne plutôt que la situation : « peu motivée », « incapable » ou « difficile ». « A observé pendant dix minutes, puis a choisi un toit » donne une information plus précise et laisse ouvertes plusieurs explications.

Ne devinez pas la raison d’un départ ou d’une pause. La personne peut avoir un rendez-vous, être fatiguée, ne pas aimer le thème ou simplement avoir terminé ce qu’elle souhaitait faire. Notez ce qui est utile et connu ; acceptez ce qui reste inconnu.

Proposer un retour court et volontaire

Trois invitations suffisent souvent : « Qu’avez-vous envie de garder ? », « Qu’est-ce qui vous a gêné ? », « Qu’aimeriez-vous essayer ? » On peut répondre oralement, écrire quelques mots, montrer une option proposée ou ne pas répondre. La forme se choisit avec le public.

Évitez une question qui contient déjà la réponse attendue, comme « Vous avez aimé construire ensemble, n’est-ce pas ? » Présentez des possibilités contrastées, dont l’envie de faire autre chose. Recueillir seulement les compliments rend le bilan agréable à lire mais peu utile.

La Public Library Association met à disposition des ressources de mesure des résultats des programmes de bibliothèque, notamment des questionnaires à utiliser localement. Elles illustrent l’intérêt d’interroger les participants sur leur expérience. La fiche proposée ici est indépendante : elle n’est pas un questionnaire standardisé ou validé par cette organisation.

Une fiche de bilan à remplir en cinq rubriques

  1. Cadre : date, lieu, activité proposée et durée réelle.
  2. Participation : nombre de personnes présentes et façons de contribuer observées, sans classement individuel.
  3. Organisation : accès au matériel, consigne, accompagnement, pauses et rangement.
  4. Retours : suggestions volontaires, avec le nombre de réponses lorsque vous présentez un décompte.
  5. Suite : un changement décidé, une personne responsable et un moment pour le vérifier.

Pour une petite séance, la description du groupe peut rester collective. Les informations nominatives ou de santé n’ont pas à entrer dans le bilan de loisirs simplement parce qu’elles sont connues de l’établissement. Si un incident requiert un suivi spécifique, utilisez le circuit prévu par la structure.

Un exemple rempli, sans résultat inventé

Compter les réponses sans effacer les absences

Imaginons une séance fictive de construction de jardins. Six personnes sont présentes ; cinq donnent un retour en fin d’activité. Quatre de ces cinq personnes souhaitent recommencer, une préfère un autre thème. La sixième n’a pas répondu. On ne peut donc pas écrire « tout le groupe veut continuer ».

Exemple de décisions issues de cette séance fictive
Constat Décision Vérification prévue
Deux postes ont attendu les mêmes grandes plaques. Préparer une base par poste ou réduire les constructions. Contrôler le stock avant l’accueil.
Une personne propose un bateau. Présenter deux thèmes lors de la prochaine rencontre. Recueillir le choix du groupe au départ.
Le rangement a dépassé le temps réservé. Présenter les créations plus tôt et identifier les bacs. Noter l’heure réelle de fin la prochaine fois.

Ces décisions sont modestes, mais elles peuvent changer l’expérience de la séance suivante. Elles sont aussi vérifiables. « Améliorer l’organisation » ne dit pas qui prépare les bases ; « vérifier quatre bases avant jeudi » donne une action identifiable.

Ne pas confondre satisfaction et résultat de santé

Un sourire, une construction terminée ou l’envie de revenir ne démontrent pas une amélioration durable de la mémoire, de l’anxiété ou des compétences sociales. Ils peuvent être rapportés pour ce qu’ils sont, avec leur contexte, sans être transformés en effets cliniques.

À titre de comparaison, l’essai I-SOCIALISE publié par le NIHR utilisait des groupes comparés, un programme défini, des mesures prévues et des temps de suivi. Un retour de fin d’atelier ne reproduit pas ce dispositif. Notre dossier sur la LEGO thérapie et les limites des preuves aide à lire ces différences sans dévaloriser le plaisir de jouer.

Partager un bilan qui prépare la suite

Pour informer une équipe ou un partenaire, trois éléments peuvent suffire : ce qui a été proposé, ce qui a été constaté et ce qui sera ajusté. Une photo de construction peut illustrer le thème, mais elle ne prouve pas à elle seule la participation de tous ou la qualité du moment.

Gardez les détails nécessaires au travail de l’équipe et préparez séparément ce qui sera diffusé selon les règles du lieu. L’objectif est de documenter une action sans exposer inutilement ses participants. Le bilan devient utile lorsqu’il revient dans la préparation de la prochaine séance, avec une décision que l’on peut réellement mettre en œuvre.

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