Des LEGO en EHPAD : proposer un atelier adapté aux adultes
Construire une façade, décider de la place d’un banc, inventer un jardin : un atelier LEGO en EHPAD se prépare avec les envies des adultes, pas avec des promesses sur leur mémoire.
Mis à jour le 2 octobre 2026

Une terrasse, deux jardinières et un banc de travers : voilà déjà de quoi discuter. Faut-il déplacer le banc vers l’ombre ? Ajouter une rampe ? Ouvrir un café au rez-de-chaussée ? Pour proposer des LEGO en EHPAD, ce genre de décision peut être un meilleur point de départ qu’une boîte posée sur la table avec la consigne de reproduire l’image.
Le résident est un adulte auquel on propose un loisir. Il peut aimer l’architecture, préférer les couleurs aux bâtiments, avoir construit toute sa vie ou trouver les briques sans intérêt. L’atelier commence là : dans ses goûts, et dans la possibilité très ordinaire de dire oui ou non.
Un sujet qui donne envie de prendre la première pièce
Apportez quelques images ou deux petites constructions pour ouvrir la conversation. Une devanture, un jardin, un bateau, une composition géométrique : mieux vaut proposer des univers distincts que supposer que tout le monde voudra reconstituer un village ancien. La nostalgie n’est pas une obligation liée à l’âge.
Si une personne évoque un métier ou un lieu, laissez-la décider ce qu’elle souhaite en faire. Elle peut inventer un atelier automobile sans raconter sa vie. Demander où placer la porte suffit ; retrouver le nom d’une rue ou une date n’est pas le but de cette animation.
Pour les personnes vivant avec une démence, le NICE recommande des activités de bien-être adaptées aux préférences individuelles. C’est un cadre pour choisir avec la personne ; ce n’est pas une recommandation de traitement par les LEGO. NICE NG97, recommandation 82, texte original hébergé par NCBI.
Une table d’atelier, avec des gestes accessibles
Faire de la place aux mains
Installez, avec l’équipe, une surface stable et dégagée. Des contenants peu profonds permettent de voir les pièces sans plonger la main dans un grand bac. Placez le matériel à portée de la personne, avec un éclairage confortable. Une table couverte de plusieurs centaines de briques est impressionnante ; elle n’est pas forcément accueillante.
Choisir les pièces pour leur usage
Une brique assez haute pour être saisie peut être plus pratique qu’une petite plaque presque plate. Les couleurs contrastées peuvent servir de repères, à ajuster selon la vision de chacun. Testez le geste d’emboîtement et surtout celui de séparation : réussir à assembler ne garantit pas que l’on pourra démonter facilement.
LEGO classique ou éléments plus grands, quantité présentée, assistance nécessaire : ces choix se discutent avec les professionnels, notamment en présence d’un risque de mise en bouche. Un adulte qui utilise de grandes pièces reste un adulte. Le thème, la présentation et les mots employés doivent le respecter.
Laisser la décision à la personne
Proposez d’emboîter à sa demande, de stabiliser la base ou de chercher une pièce précise. Demandez avant de corriger. Une construction asymétrique peut être voulue, et un jardin orange n’a pas besoin d’être remis aux couleurs du catalogue. Choisir et diriger sont aussi des façons de participer.
Un premier atelier : la façade et son petit jardin
Voici une proposition à adapter avec l’équipe. Préparez une base stable avec un début de mur, une ouverture et quelques éléments de verdure. L’ensemble doit rester assez ouvert pour devenir une maison, une boutique ou un lieu imaginaire.
- Choisir le lieu. Présentez les possibilités et laissez les participants proposer autre chose. Une seule idée suffit pour commencer.
- Distribuer les décisions. L’un imagine l’entrée, l’autre compose une jardinière, un troisième choisit les couleurs. Les rôles restent mobiles.
- Assembler par petites zones. Chaque élément peut être réalisé séparément puis rapproché des autres. Personne n’attend que le voisin termine une longue étape.
- Prévoir un arrêt facile. Conservez, si le lieu le permet, les éléments dans un contenant identifié. La reprise devient une possibilité, pas un engagement imposé.
Si des proches ou des jeunes rejoignent le projet, notre atelier LEGO intergénérationnel propose d’organiser les échanges. Évitez les rôles figés où les enfants construisent et les adultes âgés regardent : chacun peut inventer, assembler, expliquer ou faire une pause.
Une autre entrée : composer sans raconter un souvenir
Si le bâtiment n’inspire personne, gardez la base et proposez des couleurs et des reliefs : une bande bleue, un motif répété, trois volumes de hauteurs différentes. La personne peut choisir l’ordre et demander de déplacer un élément. Le résultat n’a pas à représenter quelque chose pour être une création adulte.
LEGO et mémoire : ce que les études ne permettent pas de promettre
Un résumé de congrès de 2024 décrit 20 personnes de 75 ans et plus, en institution, avec une démence modérée à sévère. L’étude examine le matériel, l’espace, les interactions et le rythme. Les effets sur l’engagement varient notamment selon les personnes. Elle ne démontre pas que les briques ralentissent la maladie. Kasperovich et Sasser, Bricks for Better Brains (PDF).
Il serait donc excessif d’annoncer que l’atelier « prévient Alzheimer » ou « répare la mémoire ». Notre lecture des études sur la LEGO thérapie explique cette différence. L’animation peut rechercher un moment plaisant et une participation choisie ; les objectifs de soins et leur évaluation appartiennent aux professionnels.
Ce qu’il faut observer pour améliorer la séance
Après l’atelier, revenez à des questions concrètes : la personne avait-elle accès aux pièces ? Avait-elle trop de choix, ou pas assez ? A-t-elle souhaité de l’aide ? Veut-elle retrouver sa construction, la transformer ou changer d’activité ? Ces observations servent à ajuster l’accueil ; elles ne constituent pas un test cognitif improvisé.
Quatre lignes pour préparer la prochaine séance
Qu’est-ce que la personne a eu envie de composer ou de transformer ?
Quels éléments étaient accessibles et agréables à manipuler ?
A-t-elle préféré assembler, choisir les couleurs ou diriger ?
Reprendre, changer d’idée ou choisir une autre activité ?
Ce retour sert à ajuster l’accueil. Il ne note ni les capacités de la personne ni un nombre de pièces à réussir.
Le rangement et l’entretien doivent aussi être prévus avec l’établissement. Qui contrôle les pièces, où conservez-vous les modèles et quelles règles s’appliquent au partage du matériel ? Le parcours des LEGO confiés à l’association aide à distinguer les usages possibles des lots.
Pour préparer un projet avec La Brique du Cœur, présentez les envies et les contraintes de votre établissement. Il n’est pas nécessaire de promettre une grande maquette collective : une première table où chacun trouve sa place est déjà un projet précis à construire.
Pour aller plus loin
Pour élargir les façons de participer, voyez comment adapter un atelier LEGO aux envies et aux gestes de chacun. Si plusieurs séances ou lieux partagent un même matériel, la préparation d’un kit LEGO itinérant avec inventaire et suivi des prêts peut aider, dans le respect des règles fixées par l’établissement.
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